Juliette Lemontey

Peintures-Paintings

08 mai 2008

Juliettefrontjulietteback

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04 janvier 2008

 

ACTUALITE

2008 Juin, Edo Salon , San Francisco

2008 Septembre, exposition personnelle, Galerie Ducastel, Avignon

A partir de juillet  en residence a Tacheless Studios, Berlin

EN PERMANENCE



Galerie Ducastel, Avignon

Tapissier-Decorateur 23 rue fourcroy, Paris 17 eme

EXPOSITIONS COLLECTIVES ET INDIVIDUELLES

2007 Septembre "In real Time" Group show, Mina Dresden Gallery, San Francisco
       Juin Galerie Cupillard, Grenoble
              Avec Diane Rollins-Feissel, artiste de San Francisco
2006  Trace Studio and Gallery
        Montreux Art Gallery, Galerie Cupillard, Montreux
       "Beautiful Eye",Trace Gallery, San Francisco
       "Paris-San francisco Exchange", Trace Gallery, San Francisco
        Salon des Indépendants, Lyon
        ARTENIM
2005  Galerie du Fort St Eynard, Grenoble
        ARTENIM GRENOBLE
       " Pièce unique ", Espace Liberté, Crest
2004  Espace Henriette Gröll, Sassenage
        XXVIIIème Rencontres d'Arts Plastiques de château Arnoux
       " Objet d'Artiste " Espace Liberté, Crest
      " Figures à Trois " Entr'arts, Grenoble
       "Pequeno Formato Europeo ", Galerie Bambara, Cartagena (Espagne)
        CEILA 10 ème Parcours de l'Art, Avignon
        21 ème Rendez-vous des Jeunes Plasticiens La Garde (Var)
2003  La Frise, Grenoble
2003  Tournée BAZART Europe (Amsterdam, Berlin, Paris, Strasbourg, Barcelone)
2002  STAR'T Foire d'Art Contemporain de Strasbourg (Galerie Cupillard)
2001  Mode de Vie, Grenoble
2000  Galerie Cupillard, Grenoble

DISTINCTIONS

2005  1er prix, XXVIII èmes Rencontres d'Arts Plastiques de Château-Arnoux,
        (Invité d'honneur, Martin Vaughn-James)

RESIDENCES

 

2008  Avril-Juin, 1890 Bryant studios, San Francisco
2007  Aout-Nov,  1890 Bryant studios, San Francisco
2006  Sept-Nov,  1890 Bryant studios, San Francisco

ECRIT, ILLUSTRATIONS

2005 "Carnet de positions", texte anais Escot,Revue STALKER
2005 " L'atelier "Texte et dessin à l'encre Revue STALKER n°6 Les éditions du Caillou, Paris
2004 " Journal d'un soldat mongol "auteur Anais , STALKER N°5 Les éditions du Caillou, Paris
2003 PASSERELLES N°19 Revue d'Etudes Interculturelles, Thionville

Collection privees France, Etats-Unis, Suisse, Allemagne, Caraibes
Acquisition Mairie de sassenage

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« Secret d’Atelier » Rencontre avec Juliette Lemontey

Juliette Lemontey est peintre et travaille à Grenoble. Elle expose très régulièrement depuis 2000, sur des salons d’Art contemporain comme Artenim et dans des galeries, en Europe et aux Etats-Unis.

Cette jeune artiste peint à l’huile et fabrique elle-même ses couleurs à partir de pigments. Elle dessine directement ses sujets, sans esquisse préalable, sur des toiles anciennes qui mesurent quelque fois quelque fois presque 2 mètres de hauteur sur 1 mètre de large. Elle y représente à première vue des personnages énigmatiques aux visages presque effacés qui sont assis ou couchés, endormis… Et, Juliette Lemontey souligne « le fait est que mon travail est assez tourné sur la solitude parce qu’il y a toujours une seule personne par toile ».

Mais derrière cette thématique qui se répète le spectateur doit rechercher autre chose : à travers ses lignes et couleurs contrastées, ses perspectives bousculées l’artiste ouvre de toile en toile, un dialogue entre présence et absence. En effet, ces corps massifs sans âge, presque androgynes qui occupent des toiles de très grand format sont extrêmement présents, Par contre, leur morphologie elle est absente, dissimulée sous d’amples mais élégants vêtements. Seuls les membres dépassent. Les visages suggérés par quelques traits seulement, yeux clos se reposent dans un oreiller, derrière un bras ou une chevelure brune. Leur quasi absence de carnation qui laisse apparaître la toile fait écho à la pâleur des autres parties visibles du corps, elles aussi dans une attitude de relâchement, d’abandon. Arrivent en contraste et en dynamisme, de grands aplats de couleurs franches, rouge sang, noir profond, bleu turquoise. Ce sont les vêtements, les coussins, les édredons, ornés de motifs floraux orientalisant qui en se superposant construisent l’espace. Un espace qui n’existe pas en dehors de cet amoncellement chamarré.

On pourrait croire que ces étoffes moelleuses toutes en plis nous livreraient des corps offerts comme des objets de convoitise ; mais il n’en est rien! Ces corps sont voilés, les sujets sont absents, ailleurs. L’esprit flottant à la lisière d’un monde pesant mis pour l’instant entre parenthèses. L’artiste donne à voir l’absence. Elle aime justement peindre sur des draps anciens car un jour quelqu’un a dormi dans ces draps, elle en peint la trace. Elle représente dans le même temps les contours de ce corps qui s’était allongé, et le moment où son modèle s’est donné à voir.

Le travail de Juliette Lemontey est intimement lié à sa vie et, se nourrit de rencontres. Avec des gens, des lectures, des films. Avec la beauté des tissus anciens, leur trame, leurs accrocs, leurs couleurs, leurs motifs. Avec les estampes japonaises, avec la technique de la gravure qui ne supporte pas le repentir, avec Pierre Bonnard… Pour elle son travail continuera à évoluer selon les lieux qu’elle traversera et ceux qui se trouveront sur son chemin. En tout cas, pour moi cette rencontre avec Juliette et sa peinture toute en harmonies colorées, intimité et douceur fut une belle rencontre !

Estelle goutorbe
Historienne d’art

Pour « secrets d’ateliers » RCF Isère 2007

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18 juin 2007


En dessinant le rêveur, elle désigne le rêve

Que ces images du sommeil soient peintes sur des draps n’est pas indifférent.
Tout drap est un suaire en puissance: une surface immaculée, sur laquelle le corps dormant est promis à déposer son empreinte et ses traces. Le drap est destiné à recouvrir le corps du dormeur, comme le vêtement est voué à voiler le corps du vivant. Sur des draps, Juliette Lemontey peint des dormeuses habillées. Elle peint des tissus sur de la toile; sur de la toile, elle peint des corps étendus sur des draps. Le contenu engendre le contenant-et vice-versa. C’est sur des draps que, le plus couramment, le corps s’offre: comme c’est sur la toile que, le plus ordinairement, le peintre représente le corps offert. Mais ce corps, au vrai, est-il bien offert? Rien n’est moins sûr.


Le corps est ici, mais l’esprit est ailleurs.Les yeux clos indiquent en clair cette absence momentanée. Juliette Lemontey saisit ses modèles à l’instant où leur conscience oublie qu’elles ont un corps. Un visage blotti dans les coussins, l’inclinaison d’un port de tête, la flexion d’un cou, l’abandon d’une main, le glissement de l’étoffe sur une épaule: toute vigilance fléchie, toute tension desserrée, ces femmes s’abandonnent au repos. C’est dire qu’elles ne s’offrent pas, mais qu’elles se dérobent.
Pour un instant, elles ont délaissé la pesanteur du corps et la lourdeur des jours.
Juliette Lemontey peint des plages de silence, des moments de vacance, une interruption dans la présence. Elle peint une suspension provisoire du temps, instaure des “blancs” dans son écoulement. Elle déleste, par “réserves” de toile vierge, une existence trop chargée. Elle prête à ces femmes fatiguées un drap où s’assoupir, où s’apaiser.Elle aplatit l’espace comme on allège le fardeau du quotidient. Elle désencombre le champ du tableau comme on met de la lumière dans une vie.

Juliette Lemontey figure des corps, mais elle n’en dévoile rien. On pourrait même avancer que ses toiles voilent. Le corps se cache entre la toile du tableau et les tissus sur la peau.Tout n’est qu’étoffes: pantalons, jupes, corsages, foulards, draps, taies d’oreillers, enveloppes de coussins, housses de couette, jetés de lits. Le corps est dissimulé derrière les ramages, les rayures, les pois et les motifs fleuris. Le plus important, c’est toujours ce qu’on ne montre pas. Le corps est offert, mais vêtu, donc caché, quand le visage, lui, est découvert, mais vidé de ses traits, imperméable à ce qui se déroule dans le cerveau.Ce que l’on voit prend son sens dans ce que l’on ne voit pas. Ces corps évoquent des histoires, mais ces histoires sont dans la tête. Le sommeil génère le rêve, le repos engendre la rêverie. En dessinant des songeuses, Juliette Lemontey désigne des songes.



Jean-Louis Roux
Grenoble, nuit du 23 au 24 avril 2007

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03 février 2007


JULIETTE LEMONTEY
Quand le corps fait relâche


Est-ce de l'indolence ou de l'accablement Ce sont des êtres saisis par le relâchement du corps, l'amolissement des muscles, la pesanteur des chairs-cet état de vacuité physique où la fatigue, la somnolence et la vacance de l'esprit nous jettent .
Ils se tiennent assis, parfois de guinguois, ou à demi couchés; leur posture est lourde, avachie, malaisée, voire prostrée.
On imagine, mais on ne sait trop, que cet écroulement musculaire fait écho à un effondrement de l'âme.
Les peintures de juliette Lemontey suggèrent que le corps est un fardeau, mais que de ce fardeau-là on ne se défait pas; c'est notre fatalité, notre chance aussi. Car contre toute attente, de la vision de cette "relâche" passagère naît une émotion poignante.
Travaillant à partir de photographies(qui autorisent gros plans, cadrages décentrés et écrasement de perspective), Juliette Lemontey s'attache à l'attitude de ses modèles davantage qu'a leurs visages (dont elle efface d'ailleurs les traits). Elle dégage des lignes de force, des formes, un équilibre-qui se jour dans le cerne, les aplats de couleur et les zones en réserve.Cette jeune Grenobloise dessine ses peintures bien autant qu'elle les peint.
Le flottement des se toiles souvent dépourvues de châssis, leur état d'inachèvement délibéré, leur netteté graphique et la sobriété tranchée de leur coloris (noir dense, rouge sang) s'accordent au mieux avec ce qu'elles expriment de la fragilité du corps.Cette fragilité nous touche, parce qu'elle parle de nous. Par delà l'anecdote quùils pourraient susciter, par-delà même leur évidente dimension décorative (récurrence de motifs empruntés aux tissus imprimés); les tableaux de Juliette Lemontey vont à l'éssentiel:la gravité et la profondeur de l'être.


-Jean-Louis Roux

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